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Les groupes d’autodéfense civile au Mexique

Suite au sondage réalisé sur ce blog, nous avons le plaisir de vous offrir l’article du numéro d’hiver 2014-2015 de Politique étrangère que vous avez choisi : “Les groupes d’autodéfense civile au Mexique : défenseurs légitimes, groupes incontrôlables ou lanceurs d’alerte ?”, par Thibaud Marijn.

PE1reCouv-42014 copieEntre 2011 et 2014, l’apparition des groupes d’autodéfense civile dans de nombreux États mexicains a pris une ampleur inédite. L’État de Michoacán, à 350 kilomètres de la capitale Mexico sur la côte Pacifique, est le théâtre de violents affrontements entre citoyens armés et crime organisé, la police et l’armée faisant tampon : ces groupes de citoyens réuniraient 25 000 membres actifs et 100 000 individus mobilisables. Leur émergence met en relief l’incapacité des institutions de sécurité (police, justice) à lutter efficacement contre la diversification du crime organisé qui, loin de s’en tenir au narcotrafic, exerce désormais un contrôle sur une large gamme d’activités économiques et criminelles dans les zones où il s’est consolidé. L’État fédéral hésite entre institutionnalisation et dissolution de ces groupes d’autodéfense, et joue double jeu, feignant de décider la première pour atteindre la seconde. Mais seule la moralisation des institutions politiques régaliennes pourrait restaurer quelque confiance et espoir en l’avènement d’un état de droit.

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Lire l’entretien avec l’auteur : « Crise de sécurité au Mexique : trois questions à Thibaud Marijn » (22/10/2014)

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Crise de sécurité au Mexique : trois questions à Thibaud Marijn

Thibaud Marijn a rédigé un article sur les groupes d’autodéfense au Mexique, à paraître dans le numéro d’hiver 2014 de Politique étrangère. Il a bien voulu répondre à trois questions, en exclusivité pour politique-etrangere.com.

Mexique1) L’affaire des 43 étudiants disparus d’Iguala, au Mexique, fait les gros titres de l’actualité. Pouvez-vous revenir sur les tenants et aboutissants de ces événements, et sur ce qu’ils révèlent de la crise que traverse l’État mexicain ?

Tout d’abord, il y a un manque d’informations fiables sur cet événement. L’hypothèse la plus probable est que la disparition – et la possible mise à mort – des 43 étudiants soit liée à une alliance sordide entre le maire d’Iguala et sa femme (tous deux en cavale), les forces de police locales et un micro-cartel, Guerreros Unidos, issu de la fragmentation de l’Organisation Beltran Leyva, ex-acteur majeur du narcotrafic sur la côte Pacifique.

Ce point est important : la fragmentation des grands cartels crée un vide dans lequel s’engouffrent des petits groupes ne possédant ni les moyens financiers, ni les codes d’honneur de leurs prédécesseurs – qu’il ne faut pas non plus idéaliser, bien sûr. Ces petits groupes sont des mafias locales car ils n’ont pas la stature pour organiser un trafic d’envergure. Ils fondent leur emprise sur de petits territoires par le crime, la corruption, l’extorsion, etc.

Ce fait divers tragique est une nouvelle preuve de la fréquente collusion entre institutions politiques, policières et crime organisé. Ce genre d’exemple peut clairement pousser les citoyens à s’organiser en tant que groupes d’autodéfense. Il est probable que la lumière ne sera jamais faite sur cette affaire, ce qui va décrédibiliser encore plus les institutions politiques et la police, déjà au plus bas dans les enquêtes d’opinion. Au-delà de l’émotion et du choc, il faut bien comprendre que l’ennemi n’a qu’un seul nom : non pas le trafic illégal, mais la corruption, celle des fonctionnaires de base et celle « en col blanc » dans les plus hautes sphères.

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