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Liberalism and the Welfare State

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2018). Norbert Gaillard propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Roger E. Backhouse, Bradley W. Bateman, Tamotsu Nishizawa et Dieter Plehwe, Liberalism and the Welfare State: Economists & Arguments for the Welfare State (Oxford University Press, 2017, 264 pages).

Ce brillant ouvrage collectif analyse les liens – plus complexes qu’il n’y paraît – entre libéralisme et État-providence dans trois grands pays développés : Royaume-Uni, Allemagne et Japon.

Le premier chapitre, consacré au Royaume-Uni, rappelle que ce sont les gouvernements libéraux de Henry Campbell-Bannerman et Herbert Asquith (1905-1916) qui lancent les grandes mesures en faveur des retraités, des travailleurs et des chômeurs. À partir de l’entre-deux-guerres cependant, la tradition libérale se scinde en deux grands courants intellectuels irréconciliables.

Brexit & Ireland

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n° 2/2018). Marie-Claire Considère-Charon propose une analyse de l’ouvrage de Tony Connelly, Brexit & Ireland: The Dangers, the Opportunities, and the Inside Story of the Irish Response (Penguin Ireland, 2017, 384 pages).

L’ouvrage de Tony Connelly, journaliste et reporter à la radio irlandaise RTE, retrace l’évolution du processus de négociation du Brexit au prisme des intérêts irlandais et de cette relation unique avec le Royaume-Uni initiée par le traité anglo-irlandais de 1921, mise à l’épreuve par les trois décennies des Troubles, renforcée par une adhésion conjointe à la Communauté européenne en 1973, et enfin apaisée depuis l’aboutissement du processus de paix en Irlande du Nord et l’accord du Vendredi saint de 1998.

Brexit and British Politics

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°1/2018). Pauline Schnapper propose une analyse de l’ouvrage de Geoffrey Evans et Anand Menon, Brexit and British Politics (Cambridge, Polity Press, 2017, 144 pages).

Le référendum du 23 juin 2016, lors duquel les électeurs britanniques ont choisi à 52 % de sortir de l’Union européenne (UE), a déjà donné lieu à nombre de publications outre-Manche, qui ont analysé la campagne, les résultats ou les conséquences prévisibles du Brexit. L’ouvrage de Geoffrey Evans et Anand Menon se distingue des précédents en se penchant sur les facteurs qui expliquent ce vote, et sur les nouvelles divisions politiques et sociologiques qu’il révèle au Royaume-Uni, que les partis et clivages idéologiques traditionnels peinent à représenter.

La division entre Leavers et Remainers apparue en 2016 ne recoupe pas, en effet, les découpages sociaux et géographiques habituels entre la gauche et la droite, l’électorat favorable au retrait, par exemple, provenant aussi bien de la classe moyenne conservatrice du sud de l’Angleterre que de régions ouvrières du nord habituellement favorables au Parti travailliste. Le référendum a montré, plus fondamentalement, le rejet du consensus néolibéral (sur le plan économique comme sur le plan social) qui rapprochait les deux grands partis depuis les années 1990, lorsque le New Labour de Tony Blair avait accepté une partie de l’héritage de Margaret Thatcher. L’âge est apparu comme un facteur explicatif très fort, les jeunes (qui se sont peu déplacés lors de ce scrutin) étant majoritairement favorables au maintien dans l’UE, alors que les personnes âgées, qui votent davantage, y étaient majoritairement opposées.

Les auteurs montrent aussi que la campagne elle-même a eu peu d’impact sur des opinions qui s’étaient formées au cours des années précédentes, même si la campagne du Leave a été très habile, parvenant à faire du statu quo (rester dans l’UE) un danger d’instabilité pour l’avenir du pays. Le rejet de l’immigration, en provenance de l’Union en l’occurrence, est apparu comme un des principaux facteurs permettant d’interpréter le vote, ce qui explique en grande partie le refus de Theresa May d’envisager un maintien dans le marché unique après le Brexit, puisqu’il supposerait d’accepter le principe de la libre circulation des personnes. Le Premier ministre a donc privilégié la politique sur le bon sens économique, qui militerait en faveur du maintien dans le marché et l’union douanière.

Malgré la remontée des travaillistes aux élections législatives de juin 2017, au moins en nombre de voix, et le relatif échec des conservateurs, qui dépendent de dix députés unionistes d’Irlande du Nord pour leur survie au gouvernement, rien n’indique que ces nouveaux clivages se soient atténués depuis 2016. Ils rendent l’action politique très compliquée, puisque le gouvernement comme l’opposition doivent répondre à des injonctions contradictoires de leurs électorats respectifs. Cela explique, pour partie du moins, les difficultés qu’éprouve le gouvernement à clarifier le but ultime recherché dans ses négociations à Bruxelles sur l’avenir des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, et les ambiguïtés du parti travailliste dans l’opposition à adopter une position claire sur un hard ou un soft Brexit.

Pauline Schnapper

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Weapon of Choice

Cette recension a été publiée dans le numéro d’été de Politique étrangère (n°2/2017). Rémy Hémez, chercheur au Laboratoire de recherche sur la défense (LRD) de l’Ifri, propose une analyse de l’ouvrage de Matthew Ford, Weapon of Choice: Small Arms and the Culture of Military Innovation (Hurst & Co., 2017, 240 pages).

Weapon of Choice

Dans Weapon of Choice, Matthew Ford, Senior Lecturer en relations internationales à l’université du Sussex, démontre l’influence des processus sociaux dans les choix technologiques d’équipements militaires. Il le fait en observant un cas généralement éludé par les spécialistes de la question : celui des armes individuelles du fantassin au Royaume-Uni et aux États-Unis, du début du XXe siècle à aujourd’hui.

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