Catégorie : Revue des livres Page 40 of 281

Les comptes rendus de lecture publiés dans PE

Mafia Africa

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2023 de Politique étrangère (n° 3/2023). Clotilde Champeyrache propose une analyse de l’ouvrage de Célia Lebur et Joan Tilouine, Mafia Africa. Les nouveaux gangsters du Nigeria à la conquête du monde (Flammarion, 2023, 320 pages).

Dans le paysage criminel actuel, les cults – également qualifiés de « mafia nigériane » – ont à diverses reprises retenu l’attention. Présentes dans le milieu de la prostitution, ces organisations criminelles originaires du sud du Nigeria s’illustrent aussi dans la cybercriminalité et le trafic de drogues – cocaïne, tramadol, ganja… Elles intriguent par leur rapide internationalisation : depuis les années 2000, elles sont clairement actives, en Italie d’abord puis en France. Pourtant, rien n’indiquait dans les années 1950, lorsque ces fraternités étudiantes virent le jour, qu’au tournant des années 1980 elles se criminaliseraient, dévoyant ainsi l’objectif initial de fédérer des élites nationales.

La trajectoire et les activités des cults sont explorés dans l’ouvrage journalistique de Célia Lebur et Joan Tilouine, à partir d’enquêtes de terrain fouillées.

Chiffrer le crime

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2023 de Politique étrangère (n° 3/2023). Michel Gandilhon propose une analyse de l’ouvrage de Benoît Martin, Chiffrer le crime. Enquête sur la production de statistiques internationales (Presses de Sciences Po, 2023, 328 pages).

C’est une évidence, les données quantitatives ne cessent d’envahir notre quotidien. « Le monde s’est fait nombre » et, au fil de la croissance de leur production, le grand livre des sociétés humaines – pour paraphraser Galilée – se déchiffre désormais dans la langue des big data. Devant l’avalanche des données, l’esprit critique se perd, le nombre semblant ontologiquement une garantie de vérité, singulièrement quand il émane d’autorités internationales. C’est pourtant à un tel exercice critique qu’invite cet ouvrage dense et rigoureux.

Pensée et culture stratégiques russes

Cette recension a été publiée dans le numéro d’automne 2023 de Politique étrangère (n° 3/2023). Isabelle Facon propose une analyse de l’ouvrage de Dimitri Minic, Pensée et culture stratégiques russes. Du contournement de la lutte armée à la guerre en Ukraine (Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2023, 632 pages).

Ce riche ouvrage, issu d’un travail de doctorat, repose sur une analyse approfondie et structurée de la littérature militaire russe des trois dernières décennies. Sa thèse centrale est celle d’un « contournement de la lutte armée » pour la réalisation des objectifs politiques. La pensée militaire russe privilégierait « l’évitement de la lutte armée interétatique » et accorderait un rôle central aux actions indirectes (militaires et non militaires) ainsi qu’aux mesures asymétriques (dans ou hors de la lutte armée), où les éléments informationnels et psychologiques occupent une place importante. Au terme d’une maturation dont l’auteur expose les étapes, le concept de guerre (dont les théoriciens militaires russes ont longtemps eu une vision « exclusivement armée ») s’est trouvé modifié par une ouverture aux « luttes non militaires ». Si la lutte armée est évidemment toujours prise en compte, elle doit être « brève et décisive ». Le concept de dissuasion stratégique, dont les définitions ont fluctué au fil du temps, incarne en soi cette évolution conceptuelle, qui marque a priori la victoire des « révisionnistes » sur les « traditionalistes ».

[CITATION] L’économisme en relations internationales : une insoutenable légèreté

Lisez l’article de Patrick Allard ici.

Retrouvez le sommaire du numéro 3/2023 de Politique étrangère ici.

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