The Captured Economy

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°3/2018). Norbert Gaillard propose une analyse de l’ouvrage de Brink Lindsey et Steven Teles, The Captured Economy: How the Powerful Become Richer, Slow Down Growth, and Increase Inequality (Oxford University Press, 2017, 232 pages).

Des nombreux ouvrages consacrés ces dernières années aux faiblesses de l’économie américaine, celui de Brink Lindsey et Steven Teles (tous deux chercheurs au Niskanen Center) est sans doute l’un des plus convaincants et réussis. Partant du constat communément admis que la société américaine, très inégalitaire, ne croît pas autant qu’elle le devrait, les auteurs identifient une raison majeure à cet enlisement : les rentes. Quatre d’entre elles sont analysées en détail.

Qui sont les Grecs ?

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°3/2018). Panagiota Anagnostou propose une analyse de l’ouvrage de Georges Prévélakis, Qui sont les Grecs ? Une identité en crise (CNRS Éditions, 2017, 184 pages).

La crise grecque n’est-elle que le symptôme de la crise plus profonde de l’État-nation et de la modernité ? Comment la Grèce moderne a-t-elle pu surmonter les périodes de crise
de son histoire ? De quelles ressources dispose-t-elle aujourd’hui et « que peut nous enseigner l’expérience grecque quant au rapport entre l’Orient et l’Occident dans
l’avenir ? » Puisant dans les outils théoriques de la géographie, à travers une analyse géopolitique et une écriture fluide, l’auteur parcourt des siècles d’histoire pour décrire l’ambivalence des relations entre la Grèce et l’Europe, et chercher les sources d’un renouveau grec dans la crise actuelle, sources qui pourraient aussi constituer les ressorts d’une refondation de l’Europe.

Deception: Counterdeception and Counterintelligence

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps de Politique étrangère (n°3/2018). Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage de Robert M. Clarke et William L. Mitchell, Deception: Counterdeception and Counterintelligence (CQ Press, 2018, 312 pages).

Les actions de déception sont trop souvent réduites à une image : celle des chars gonflables utilisés pendant l’opération Fortitude, probablement la plus ambitieuse opération de déception de l’histoire, destinée à cacher aux Allemands le lieu du débarquement prévu en Normandie. Cependant, la déception dans l’art de la guerre revêt une réalité bien plus complexe, tant dans sa planification que dans son exécution. Le livre de Robert M. Clark – ancien analyste à la CIA et professeur associé à l’université Johns Hopkins – et William L. Mitchell – ex-officier du renseignement militaire américain et conseiller pour le ministère de la Défense danois – permet de toucher du doigt la richesse de cette problématique.

« …J’ai fait un rêve… » Le président François Mitterrand, artisan de l’Union européenne

Créée en 1936, Politique étrangère est la plus ancienne revue française dans le domaine des relations internationales. Chaque vendredi, découvrez « l’archive de la semaine ».

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L’article « ‘…J’ai fait un rêve…’ Le président François Mitterrand, artisan de l’Union européenne » a été écrit par Philippe Moreau Defarges, à l’époque professeur à l’IEP de Paris et chargé de projet auprès du directeur de l’Ifri, dans le numéro 2/1985 de Politique étrangère.

Il n’y a plus un seul contentieux à régler dans la Communauté… Bien sûr, il y en aura d’autres, c’est la vie ». C’est par ces phrases que le président François Mitterrand, à l’issue du Conseil européen de Fontainebleau (25-26 juin 1984), clôt les six mois — premier semestre 1984 — de présidence française. Le chef de l’État, fidèle à son style, s’exprime en agriculteur qui a creusé son sillon, en artisan consciencieux : il avait une tâche à accomplir — faire sortir l’Europe des Dix de l’impasse, où l’enfonçait l’absence d’accord, lors de la rencontre d’Athènes (4-6 décembre 1983) — , et le travail était fait au moment où s’achevait le mandat ! En ces six mois de 1984, François Mitterrand, par son obstination méthodique — trente rencontres bilatérales avec ses neuf collègues du Conseil européen —, conquiert l’image de grand Européen, en particulier auprès de la presse anglo-saxonne pourtant prompte — non sans paradoxe — à s’ériger en gardienne de l’idée européenne !

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