Russia in Space. The Past Explained, The Future Explored

cover_front_455pxCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (2/2014). Guilhem Penent propose une analyse de l’ouvrage de Anatoly Zak, Russia in Space. The Past Explained, The Future Explored  (Apogee Prime, 2013, 316 pages).

Anatoly Zak est l’auteur du site RussianSpaceWeb.com, sans doute la meilleure source d’information en langue anglaise sur l’effort spatial russe depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui.

Même si Zak n’hésite pas ici à opérer certains retours historiques particulièrement bienvenus – notamment lorsqu’il s’intéresse à l’exploration au-delà de l’orbite basse –, l’ouvrage met avant tout l’accent sur le programme spatial postsoviétique. Le propos est clairement marqué par la rupture profonde qu’a constituée l’éclatement de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et la manière dont la Russie, reprenant de facto l’essentiel de son héritage, a tenté d’exploiter ce potentiel pour assurer sa survie, tout en n’incluant que tardivement – après l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine – l’espace à ses projets politiques. Aussi le spatial russe est-il présenté de manière assez classique à travers l’image du phœnix renaissant de ses cendres (chapitre III) après être passé par un cycle de mort (chapitre I) et de renaissance (chapitre II).

PE 3/2014, revue du jour des Echos

00-logo-lesechosLe numéro 3/2014 de Politique étrangère est revue du jour dans Les Echos du 3 octobre (voir l’article original). Jacques Hubert-Rodier revient sur le dossier « Chine : une nouvelle diplomatie ? »

Le menaçant face-à-face Shinzo Abe et Xi Jinping

LE THÈME La Chine et le Japon vont-ils se faire la guerre ? 53 % des Chinois et 29 % des Japonais le pensent, selon un sondage réalisé par le « China Daily » et un think tank japonais, Genron NPO. Mais, dans un texte publié dans « Politique étrangère », Céline Pajon, chercheur au centre Asie de l’Ifri, nuance cette sombre perspective. « Ni Pékin ni Tokyo ne souhaitent entrer en conflit ouvert, mais la tension d’une relation de plus en plus soumise à des logiques émotionnelles pourrait rendre une confrontation armée difficile à éviter en cas d’incident. » Le grand tournant dans le raidissement des positions est le « choc » de septembre 2010, lorsque Pékin avait réagi durement à l’arraisonnement par le Japon d’un chalutier au large des îles Senkaku/Diaoyu.

L’INTÉRÊT Derrière ces tensions se profile la grande compétition entre la Chine et le Japon pour modeler l’ordre régional et international le plus favorable à leurs intérêts. Et il semble que, si l’on peut éviter une « guerre chaude » entre les deux puissances, le refroidissement des relations est là pour s’inscrire dans la durée. Jusqu’à présent, Shinzo Abe et Xi Jinping ont évité de se rencontrer. A moins qu’ils y parviennent en novembre, en marge d’un sommet.

L’EXTRAIT « Le projet de « grand renouveau de la nation chinoise » et de « rêve chinois » de Xi semble s’opposer au « retour du Japon » qu’annonce Abe. »

Jacques Hubert-Rodier

Regard critique sur certaines propositions de Piketty

PikettyNorbert Gaillard, auteur de plusieurs articles dans la revue Politique étrangère, discute certaines propositions émises par Thomas Piketty dans Le Capital au XXIe siècle (Seuil, 2013).

 À l’heure où la France est confrontée à une croissance quasi nulle et à une multiplication des jacqueries fiscales, il est utile de se replonger dans Le Capital au XXIe siècle publié par Thomas Piketty il y a un an ; non pas pour discréditer ses résultats ou contester le creusement des inégalités (tâches aussi stériles que ridicules), mais pour discuter de la pertinence de certaines de ses propositions.

 On approuve complètement l’auteur dans sa volonté d’intensifier les échanges d’informations fiscales entre États et d’accroître ainsi la transparence sur les patrimoines (p. 842). Sur ce point, on peut d’ailleurs regretter que l’Union européenne ne se soit pas montrée aussi déterminée que les États-Unis, en particulier pour ce qui est de ses relations avec les paradis fiscaux.

Non à l’Europe allemande. Vers un printemps européen ?

9782746734937FSCette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (2/2014). Katrin Rücker propose une analyse de l’ouvrage de Ulrich Beck, Non à l’Europe allemande. Vers un printemps européen ?  (Autrement, 2013, 176 pages).

L’universitaire Ulrich Beck semble briser un tabou avec son nouveau livre, qui critique une « Europe devenue allemande ». Sa cible favorite est Angela Merkel, chancelière fédérale réélue au moment de la publication du livre. Liant la théorie du pouvoir de Nicolas Machiavel à sa propre théorie de la société mondiale du risque, il dénonce le « merkiavélisme » dont la légitimité d’action est fondée sur l’urgence d’agir face au risque. La théorie de la « société du risque » avancée par l’auteur est celle d’une modernité échappant à tout contrôle. Il l’applique ici à la crise européenne et à celle de l’euro. Faute d’une gouvernance efficace au niveau européen, les gouvernements capitulent devant la crise et participent à l’avènement de cette Europe allemande « nationalisée ». Assurée de la puissance économique de son pays, Merkel a saisi l’occasion d’asseoir son pouvoir. Combiner souverainisme et construction de l’Europe, l’art de la tergiversation comme stratégie disciplinaire, le primat de l’éligibilité nationale et la culture allemande de stabilité – voilà les quatre composantes du merkiavélisme. Sociologue, Beck propose de renforcer la « société européenne des individus » et de surmonter le souverainisme à l’aide d’un contrat social européen à la Jean-Jacques Rousseau. Ses constats de crise sont connus mais justifiés. Il campe pourtant sur les positions dépassées de la génération de mai 1968, née pendant la guerre (1944 pour Beck, 1945 pour Daniel Cohn-Bendit) et – de gauche ou de droite – habituée à générer de la dette au profit d’États et de technocrates toujours plus présents.

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