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Terrorisme et mondialisation

Cette recension a été publiée dans le numéro d’hiver de Politique étrangère (n°4/2016). François Thuillier propose une analyse de l’ouvrage de Jenny Raflik, Terrorisme et mondialisation. Approches historiques  (Gallimard, 2016, 416  pages).

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L’analyse du phénomène terroriste souffre de nombreuses lacunes. Parmi elles, une certaine forme de paresse intellectuelle qui consiste à limiter sa pensée à la visée de son regard. Là où les politistes l’imaginent en complot ou en stratégie, les sociologues y voient le produit de rapports de force collectifs, et les psychologues de trajectoires individuelles disloquées. Les orientalistes essentialisent autour des marges honteuses d’une religion, et tous, finalement, abandonnent les praticiens de la lutte antiterroriste aux thèses souvent les plus bruyantes et les plus simplificatrices. Les anthropologues se taisent encore (s’agissant pourtant d’une violence archaïque, d’une loi du sang clanique). Mais ce n’est plus le cas des historiens, et ils sont les bienvenus tant la mise en perspective d’un événement aide à sa compréhension.

Fragilités et résilience. Les nouvelles frontières de la mondialisation

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (1/2015). Yannick Prost propose une analyse de l’ouvrage dirigé par Jean-Marc Châtaigner, Fragilités et résilience. Les nouvelles frontières de la mondialisation  (Paris, Karthala, 2014, 482 pages).

fragilites-et-resilienceLe sous-titre indique une ambition qui dépasse le contenu de l’ouvrage, lequel porte en fait sur l’évolution de la réflexion concernant l’aide au développement. À l’origine, les limites de l’efficacité de cette aide ont suscité les travaux de think tanks anglo-saxons, dont les conclusions ne sont pas toujours partagées par les chercheurs et praticiens français. Les contributions à cet ouvrage dirigé par un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay, connu pour ses travaux notamment sur les États fragiles, mêlent les regards d’auteurs du Nord et du Sud, afin d’éviter un point de vue ethnocentriste.

Les causes du chômage structurel

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (4/2014).  Henri Sterdyniak propose une analyse de l’ouvrage de Thomas Janoski, David Luke et Christopher Oliver, The Causes of Structural Unemployment (Polity Press, 2014, 208 pages).

Pour le lecteur français, cet ouvrage présente deux intérêts majeurs : il montre que les problèmes du marché du travail américain sont très proches de ceux du marché du travail français ; et, bizarrement, il traite du cas américain sans s’intéresser, sauf de façon marginale, à la situation des pays européens et aux analyses qu’ont pu produire les chercheurs de notre continent.

La définition et la mesure du chômage structurel sont problématiques. Celui-ci ne s’explique ni par les fluctuations conjoncturelles, ni par les inévitables délais d’embauche et de changement d’emploi ; c’est donc le chômage observé en moyenne sur le cycle économique. Or il s’avère difficile, après la crise de 2007-2009, de repérer le niveau normal d’activité. Les auteurs montrent des preuves empiriques de la dégradation du marché du travail américain. Ainsi le taux d’emploi des 25-65 ans n’est que de 72,3 % en 2013 contre 77,5 % en 2000, nettement plus faible qu’en Allemagne (78,5 %). Le taux de chômage de longue durée, comme celui de temps partiel subi, ont fortement augmenté. Surtout, les inégalités salariales se sont accrues : les emplois stables et correctement rémunérés d’ouvriers ou d’employés qualifiés disparaissent au profit d’emplois précaires.

Guerre et paix entre les monnaies

Cette recension d’ouvrage est issue de Politique étrangère (3/2014). Norbert Gaillard propose une analyse de l’ouvrage de Jacques Mistral, Guerre et paix entre les monnaies (Fayard, 2014, 348 pages).

Dans un prologue un peu déconcertant, Jacques Mistral ébauche un portrait du monde en 2029. Il explique pourquoi et comment les années 2010 et 2020 ont été marquées par la montée du nationalisme et du protectionnisme, aboutissant à la fin de la deuxième mondialisation. Paradoxalement, cette entrée en matière prend tout son relief une fois la lecture de l’ouvrage achevée : y sont analysés en effet les dangers qui peuvent naître de l’absence de coopération entre grandes puissances économiques.

L’auteur enchaîne en décrivant le monde de 2013. Nous venons certes de traverser la pire crise depuis les années 1930, mais si nous avons évité une dépression semblable à celle de 1929-1933, c’est au prix d’une explosion des dettes publiques dans les pays occidentaux et de la mise en place de politiques monétaires « non conventionnelles » dont il est encore impossible de mesurer les conséquences à moyen-long terme. Ce constat justifie, selon Mistral, une réorganisation profonde de l’architecture financière et monétaire internationale.

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